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Lenormand · Guide

Les cartes à jouer du Lenormand

Le petit médaillon de chaque carte : sa couleur, sa valeur, et ce qu'il ajoute à la lecture.

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Gratuit. Le tirage part tout de suite ; la lecture détaillée est offerte contre ton adresse.

Sur les jeux de Lenormand traditionnels, chaque image porte, en haut ou dans un coin, une petite carte à jouer : un 9 de cœur sur le Cavalier, un roi de carreau sur les Poissons, un as de pique sur La Femme. On le remarque au premier tirage, et l'on se demande aussitôt s'il faut en tenir compte. Ce médaillon n'est ni un ornement vide ni une clé secrète : c'est une nuance, que certains lecteurs utilisent beaucoup et que d'autres laissent de côté.

Cette page explique d'où il vient, ce que les couleurs, les valeurs et les figures peuvent ajouter à une lecture, puis passe le jeu en revue, couleur par couleur, avec la carte à jouer de chacune des 36 cartes. Tu verras aussi comment t'en servir sans perdre de vue l'essentiel : l'image.

Un héritage du jeu d'origine

Le médaillon remonte au jeu de l'Espérance, le jeu de société allemand publié vers 1799 dont le Lenormand est issu. Ses cartes illustrées portaient déjà chacune une carte à jouer. Sur les jeux traditionnels, ces 36 cartes à jouer forment un jeu entier : les quatre couleurs, du 6 à l'as, soit neuf cartes par couleur. Le Lenormand contient donc, en miniature, un petit jeu de cartes ordinaire.

Pourquoi l'avoir imprimé ? On ne le sait pas avec certitude. Il permettait peut-être de jouer aussi aux cartes avec le même paquet, ou de rattacher les images aux méthodes de cartomancie qui se servaient déjà de jeux ordinaires. Rien ne permet de trancher, et les lecteurs d'aujourd'hui n'en font pas tous le même usage.

Toutes les éditions ne le reproduisent pas, et beaucoup de lecteurs lisent surtout l'image. Le médaillon nuance une carte ; il ne la remplace jamais. Le Cercueil reste une fin, qu'il porte un 9 de carreau ou rien du tout.

Une carte montrant un voilier, posée à côté d'un paquet de cartes à jouer noué d'un ruban
Une carte montrant un voilier, posée à côté d'un paquet de cartes à jouer noué d'un ruban

Couleurs, valeurs, figures

Les lecteurs qui utilisent le médaillon empruntent leurs repères à la cartomancie avec des cartes ordinaires. Ces repères varient d'une tradition et d'un lecteur à l'autre : ce sont des conventions, pas des règles du jeu.

Les quatre couleurs

Dans la version la plus courante, le cœur parle des sentiments et des attaches, le carreau du concret et de ce qui circule, nouvelles, échanges, argent. Le trèfle touche aux affaires et à la vie pratique, le pique aux épreuves et aux obligations. Certains opposent aussi les couleurs rouges, plutôt favorables, aux noires, plus lourdes. Une couleur colore légèrement la carte qui la porte, sans changer son sujet.

Les valeurs et les as

Certains lecteurs voient dans les valeurs une échelle d'intensité : du 6 au 8, ce qui est modeste ou proche ; le 9 et le 10, ce qui prend de l'ampleur ; l'as, ce qui domine sa couleur. Les quatre as tombent d'ailleurs sur des cartes fortes : L'Homme, La Femme, le Soleil et l'Anneau.

Les figures

Rois, dames et valets servent souvent à désigner des personnes de l'entourage. Le roi évoque un homme mûr ou une figure d'autorité, la dame une femme qui compte dans la question, le valet une personne plus jeune, ou parfois une pensée, un projet en germe. C'est sans doute l'usage le plus répandu du médaillon, car il aide à repérer qui agit dans un tirage.

Les cœurs

Les neuf cœurs, du 6 à l'as : les Étoiles (6), l'Arbre (7), la Lune (8), le Cavalier (9), le Chien (10), le Cœur (valet), la Cigogne (dame), la Maison (roi) et L'Homme (as).

Ici, convention et images s'accordent assez bien. Le Cœur porte lui-même un cœur, le Chien de l'amitié et la Maison du foyer aussi : on est dans le cercle des attaches. Les figures dessinent un entourage proche. Le roi de cœur peut faire de la Maison une présence protectrice, celle qui tient le foyer ; la dame de cœur donne à la Cigogne les traits d'une femme bienveillante, liée à un changement ; le valet de cœur fait du Cœur un jeune amoureux, ou une pensée tendre.

L'as de cœur revient à L'Homme, l'une des deux cartes de personne. Le Cavalier, enfin, porte le 9 : une nouvelle qui, pour les lecteurs attentifs au médaillon, touche souvent à l'affectif.

Les carreaux

Les neuf carreaux : le Trèfle (6), les Oiseaux (7), la Clé (8), le Cercueil (9), le Livre (10), la Faux (valet), les Chemins (dame), les Poissons (roi) et le Soleil (as).

Le carreau, couleur du concret et de ce qui circule, va bien aux Oiseaux, qui parlent d'échanges, au Trèfle, petite chance à saisir, ou à la Clé, qui ouvre une porte bien réelle. Les Poissons, carte de l'argent, portent le roi : pour qui lit les figures, c'est un homme qui tient les cordons de la bourse, un client, un commerçant, quelqu'un qui décide des moyens. La dame de carreau peut donner aux Chemins le visage d'une femme placée devant un choix, ou qui le provoque.

Le Soleil prend l'as, et c'est l'une des correspondances les plus parlantes du jeu : la réussite la plus franche, sous la couleur du concret. À l'autre bout, le Cercueil et la Faux rappellent que ce qui circule peut aussi s'arrêter net.

Les trèfles

Les neuf trèfles : la Croix (6), les Souris (7), la Montagne (8), le Renard (9), l'Ours (10), le Fouet (valet), le Serpent (dame), les Nuages (roi) et l'Anneau (as).

La convention fait du trèfle la couleur des affaires et de la vie pratique, et plusieurs cartes s'y prêtent : le Renard du travail quotidien, l'Ours des ressources, l'Anneau du contrat, qui porte l'as. Mais un autre fait saute aux yeux : la plupart des cartes lourdes du jeu sont des trèfles. Les Nuages, le Serpent, le Fouet, la Montagne, les Souris et la Croix en portent tous un.

Les figures suivent cette pente. La dame de trèfle fait du Serpent une femme de l'entourage, que certains lecteurs lisent comme une rivale, ce qui rejoint le sens de la carte. Le roi de trèfle peut donner aux Nuages les traits d'un homme aux intentions peu claires, et le valet de trèfle fait du Fouet une personne jeune, vive, parfois querelleuse.

Les piques

Les neuf piques : la Tour (6), la Lettre (7), le Jardin (8), l'Ancre (9), le Navire (10), l'Enfant (valet), le Bouquet (dame), les Lys (roi) et La Femme (as).

C'est ici que la convention résiste le moins à l'examen. Le pique passe pour la couleur des épreuves et des obligations, et il tombe pourtant sur des cartes plutôt paisibles : le Bouquet, les Lys, l'Ancre, le Jardin, l'Enfant. Seule la Tour, avec ses administrations et sa solitude, rejoint vraiment l'idée d'obligation. Lire un pique comme un mauvais signe serait ici un contresens.

Les figures, elles, parlent bien. Le roi de pique peut faire des Lys un homme âgé, sage, une figure de père ou de mentor ; la dame de pique donne au Bouquet une femme qui apporte quelque chose d'agréable ; le valet de pique fait de l'Enfant un enfant réel ou une personne très jeune. L'as revient à La Femme, la seconde carte de personne.

Le médaillon dans ton prochain tirage

Commence toujours par les images : elles font la phrase. Le médaillon vient ensuite, si tu le souhaites, pour affiner. Dans un tirage de trois cartes, regarde d'abord si une couleur domine : deux ou trois cœurs ramènent la question vers l'affectif, deux ou trois trèfles vers les affaires et la vie pratique, souvent avec leurs tracas. Puis repère les figures : elles peuvent désigner les personnes que ta question met en jeu, au-delà de L'Homme et de La Femme.

Le médaillon rend surtout service quand une carte hésite entre deux sens. L'Ours peut désigner un parent protecteur ou un supérieur : son 10 de trèfle penche, pour qui suit la convention, vers le second, du côté du travail et des moyens. Le Chien porte le 10 de cœur : l'ami qu'il désigne est d'abord un proche, plus qu'un allié de circonstance.

Quant aux deux cartes de personne, L'Homme et La Femme, la tradition donne la première aux hommes et la seconde aux femmes ; sur Sortoria, tu choisis celle qui te représente, sans que le genre l'impose, et l'autre figure la personne qui compte dans ta question.

Un exemple de lecture

La question : « Que dois-je savoir sur cette situation ? », à propos d'un contrat qu'un nouveau client propose de signer. Les cartes : l'Anneau, le Renard, les Poissons.

Les images d'abord. L'Anneau pose le sujet, l'engagement ; le Renard le colore de méfiance, un détail à vérifier, un intérêt qui n'est pas tout à fait le tien ; les Poissons disent où mène l'ensemble, vers une question d'argent. Lu comme une phrase : un engagement à examiner de près, surtout dans ce qu'il prévoit pour le paiement.

Le médaillon ajoute deux nuances. L'as de trèfle et le 9 de trèfle confirment que la question relève des affaires plus que des sentiments. Le roi de carreau, sur les Poissons, peut désigner une personne : celui qui décide de l'argent, chez ce client. Le tirage ne dit pas s'il faut signer ; il indique ce qu'il faut regarder, et avec qui en parler.

Une boîte à cartes ouverte sur un tapis de jeu, à côté d'une loupe en laiton
Une boîte à cartes ouverte sur un tapis de jeu, à côté d'une loupe en laiton

Questions fréquentes

Faut-il tenir compte des cartes à jouer pour lire le Lenormand ?

Non, c'est un choix. Beaucoup de lecteurs lisent surtout l'image et ne regardent le médaillon qu'à l'occasion, pour une nuance ou pour repérer une personne. Si tu débutes, mieux vaut d'abord bien connaître les 36 images.

Pourquoi les cartes à jouer vont-elles du 6 à l'as ?

Parce que le jeu compte 36 cartes : quatre couleurs de neuf cartes, du 6 à l'as, soit un jeu de cartes ordinaire sans ses petites valeurs. Le principe du médaillon vient du jeu de l'Espérance, publié vers 1799, dont le Lenormand est issu.

Quelles cartes portent les quatre as ?

L'Homme porte l'as de cœur, La Femme l'as de pique, le Soleil l'as de carreau et l'Anneau l'as de trèfle. Ce sont des cartes fortes : les deux cartes de personne, la carte la plus favorable du jeu et celle de l'engagement.

Peut-on tirer le Lenormand avec un jeu de cartes ordinaire ?

En principe, oui : il suffit de retirer les 2, 3, 4 et 5 d'un jeu de 52 cartes et d'appliquer la correspondance de cette page. C'est un bon exercice pour mémoriser les cartes, mais on y perd l'image, qui fait l'essentiel de la lecture.

Que faire quand la couleur contredit l'image ?

Suivre l'image. Le Bouquet reste un cadeau, même sous une dame de pique, et l'Anneau un engagement, même sous un trèfle. La couleur est une nuance de convention ; le sujet de la carte, lui, ne change pas.

Et pour toi ?

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